Fracture numérique en Afrique : l’état de la question

La fracture numérique est l’un des nombreux éléments de comparaison qui permet de constater l’écart économique et technologique qui séparent le Nord de ces « Suds » au niveau de développement disparate. Ce « digital divide » peut aussi être interprété comme le symptôme d’un retard en termes de politique (par l’absence d’une politique de l’équipement et d’aménagement des territoires volontariste) ou encore se traduire par une lente adoption dans les PED des dernières TIC. Comme dans les nations industrielles, l’intégration d’outils technologiques au sein d’entités économiques ou d’instances de décision peut se heurter à la frilosité ou à l’inexpérience de leurs futurs utilisateurs. C’est pourtant parmi les populations civiles, que les taux de pénétration de ces nouvelles technologies est le plus fort. Les pays africains ne dérogent pas à la règle. Quel constat pouvons-nous à présent tirer de la fracture numérique entre l’Afrique et le monde, mais également à l’intérieur du continent entre les états et intra-étatique ?

Des îlots numériques parmi un vaste océan déconnecté

La concentration des utilisateurs et des équipements autour de 3 pôles numériques, que constituent l’Afrique blanche et les puissances régionales d’Afrique de l’Ouest et australe trahit une inégalité de développement importante en termes d’infrastructures numériques. Pour s’affermir, la croissance économique d’un état ou d’une région nécessite certaines conditions telles que la mise en place d’une politique industrielle cohérente, une libéralisation progressive du marché et une capacité à maîtriser le territoire. La volonté de s’attaquer à cette fracture numérique demande des moyens, qui ne sont pas si éloignés des exigences économiques en matière de développement : soutenue dans un premier temps par l’Etat puis par des acteurs privés, qui par le jeu de la libre-concurrence investiront dans des projets de Recherche & Développement, le numérique demande des infrastructures pérennes, capables de répondre à une demande toujours croissante et proposant les dernières innovations en termes de débit, d’accès et de sécurité. C’est pourquoi de nombreux acteurs institutionnels ou issus de la société civile se mobilisent sur ce caste et important chantier. C’est la cas par exemple de Hamdoun Touré, secrétaire général de l’UIT (Union Internationale des télécommunications), ou encore de Laure Olga Gondjout, organisatrice de la la première Conférence des Ministres de la CEMAC en charge des TIC, et pionnière sur le sujet du WAFS.

Enregistrant un niveau de développement largement supérieur au reste des pays africains, les états des régions citées en dépit de leur faible population (excepté pour le Nigéria) concentrent la majeure partie des utilisateurs de technologie numérique comme en témoignent la donnée suivante : 38% des nouveaux internautes enregistrés en 201 sont nigérians. En plus des disparités régionales, s’ajoute l’importante inégalité qui règne entre eux métropoles et espaces ruraux, centres et périphéries au sein de pays qui accusent encore un retard de développement. Cependant la technologie offre des instruments financièrement accessibles pour y remédier. En effet, les états ne sont plus contraints d’investir dans des lignes téléphones souvent coûteuses et contraintes de couvrir de très grandes distances pour maintenir « connectées » les populations. Les TIC et le développement des technologies sans contact permettent désormais des opportunités nouvelles aussi bien pour le secteur économique de ces pays, que pour les populations qui y vivent. La réduction de cette fracture numérique pourra également contribuer à un domaine, longtemps resté en marge des politiques africaines de développement : l’éducation avec une fois encore toutes les potentialités en termes d’accès à l’information et de partage de connaissances que permettent les TIC.

— Ecrit par IDPI

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