Google Car : quel avenir pour la voiture sans pilote ?

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Après avoir été le premier état à autoriser les voitures sans pilote à rouler sur son territoire, le Nevada a accordé la semaine dernière la première licence à une voiture sans conducteur : la Google Car immatriculée AU 001. Cette annonce, largement relayée dans la presse, a suscité son lot d’émotion allant de la pure crainte au doux fantasme futuriste en passant par l’espoir de diminuer drastiquement les accidents de la route. La voiture sans pilote pourra t’ elle s’imposer dans notre société, révolutionnant notre parc automobile ? Début de réponse à travers 5 questions clefs.

Comment en est on arrivé la ?

Si la Google Car a fait la une de la presse, la plupart des conducteurs ont penché sur la questions depuis pas mal d’années en présentant leur concept car de voitures automate. Toyota par exemple a présenté l’an dernier la Prius AVOS (Automatic Vehicle Operation System) qui avait la particularité de pouvoir être appelée pour qu’elle se gare devant vous. Dans le même genre BMW a créé un prototype qui avait réussi à rouler sans encombre sur les autoroutes allemandes. En France l’INRIA (Institut National de Recherche en Informatique et Automatique) a lancé il y’a plusieurs années un grand programme de recherche sur les véhicules urbains automatique à la Commission Européenne. Mais la Google Car a pris une réelle longueur d’avance sur la concurrence : en ayant déjà roulé 320 000 km sur les routes californiennes (où elle n’a pas encore reçu d’autorisation de rouler …) et sans avoir occasionné le moindre accident, elle a prouvé la crédibilité du projet et sa fiabilité, du moins pour le moment. L’autorisation de rouler accordée par le Nevada à la Google Car il y’ a quelques jours a montré au reste du monde l’avancement du projet.

 Comment cela fonctionne ?

 Ce sont les technologies de reconnaissance de son environnement, d’ intelligence artificielle et de robotique qui permette à la Google Car de fonctionner indépendamment. Ses capacités a reconnaître son environnement direct sont réalisés à l’aide de radars et de caméras qui lui permettent d’avoir une vision à 360 degré allant jusqu’à 70 mètres afin de détecter tout obstacles pouvant intervenir sur son parcours. L’itinéraire doit être indiqué en début de parcours et est calculé via les plans de Google Map, avec une exigence : le passager doit savoir où il veut aller.

 Qui est à l’origine du projet ?

Sebastien Thrun, un chercheur en informatique allemand né à la fin des années 60, est le plus souvent présenté comme la tête pensante de la voiture sans conducteur depuis la genèse des premiers projets au début dés années 2000 jusqu’à la Google Car récemment immatriculée. Son histoire paraît tout droit sorti d’un roman : la mort de son meilleur ami au volant d’une voiture à l’age de 18 ans, a été l’élément déclencheur le motivant à se lancer dans la robotique et l’intelligence artificielle. Son objectif : réussir à créer un véhicule sans pilote beaucoup plus sûr que nos véhicules traditionnels. Sa victoire en 2005 au Darpa Grand Challenge, une compétition mettant en jeu des véhicules terrestres sans pilotes et autonomes, a mis ses compétences en évidence, mais ce sont les avancées médiatisées de la Google Car qui l’ont révélé au public.

 Est elle sûr ?

 C’est le grand enjeu de la voiture sans conducteur : obtenir une voiture plus sûr que nos véhicules classiques. Avec en effet plus de 80% d’ accidents dû à des erreurs humaines, la voiture automate a pour ambition de réduire drastiquement le nombre d’accidents sur la route. Pour le moment les tests sont prometteurs, et l’absence d’accidents obtenus par la Google Car donnent beaucoup d’espoir mais engendrent aussi de nombreuses interrogations : comment se comportera la voiture lors de fort trafic ? Ou si le conducteur décide soudainement de changer son itinéraire ?

 Qui est responsable en cas d’accident ?

La question de la responsabilité en cas d’accident sera une des questions majeurs à laquelle il faudra répondre en cas d’adoption en masse de la voiture sans conducteur. La responsabilité du passager pourra t’elle être engagée si il ne « conduit » pas le véhicule ? Ou alors plus logiquement cette responsabilité incombera t’ elle au constructeur ? Ces derniers seront vraisemblablement très frileux à l’idée de mettre sur le marché des véhicules pour lesquels le risque de procès pourrait être élevé. Mais étant donné la diminution drastique du nombre d’accident que la voiture sans pilote risque d’engendrer, une révision de la législation vis à vis des assureurs et des constructeurs pourraient être adopté avec en toile de fond un gain pour la sécurité routière. En tout cas nous pouvons l’espérer.

C’est pour quand ?

 Si la mise en circulation de la première Google Car est une réelle avancée, le passage à une flotte automobile sans conducteur de masse sur nos routes n’est pas pour demain. De nombreuses problématiques devront être résolues d’ici la. Première étape, la question de la production de masse : pour l’instant on en est loin. Même si Google pourrait envisager de passer un partenariat avec un constructeur comme Toyota (la même association que pour la Google Car) afin de bénéficier de toute la chaîne de production de la marque japonaise. Outre les soucis de responsabilité , le passage en masse de la voiture sans conducteur risque de modifier certaines habitudes automobiles. Dans tout les cas, si on peut espérer la mise en circulation dans quelques années de quelques véhicules sans conducteur, notamment à destination d’une clientèle spécifique comme les handicapés, le remplacement massif de notre parc automobile ne devrait pas intervenir tout de suite. Mais d’ici quelques dizaines d’années, nos véhicules avec conducteur feront peut être partis d’une histoire automobile révolue ?

— Ecrit par IDPI

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