Le paiement sans contact : vers une mutation des usages ?

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Selon une étude récemment publiée par KPMG, le paiement mobile devrait progressivement se généraliser dans les quatre prochaines années. Les distributeurs, les banques et les télécoms devraient s’adapter à cette nouvelle tendance de consommation. Les professionnels se préparent à tous les niveaux.

Dans un monde frappé par l’évolution rapide des technologies de communication et où l’e-commerce est en plein essor, le paiement mobile bouleverse les modèles économiques des établissements financiers. Le chèque, la carte bancaire et même l’espèce n’auront plus le monopole du paiement. C’est ce que révèle une étude du cabinet d’audit et de conseils KPMG selon laquelle 58 % des entreprises interrogées affirment avoir développé une stratégie de paiement mobile.

Le numéro un des nouveaux outils d’achat : le paiement mobile

L’étude menée sur 970 cadres dirigeants par révèle que pour 83 % des sondés, le paiement mobile devrait se démocratiser d’ici quatre ans. Déjà, Bouygues Télécom, SFR, Orange et NRJ Mobile ont déployé le paiement en ligne à Nice et Strasbourg grâce à la carte à puce Cityzi (le label français du NFC, ou Near Field Communication), une technologie qui permet d’échanger des données à distance entre un portable et un terminal. Toutefois, un partenariat entre les acteurs financiers, les télécoms et les distributeurs, est plus que primordial dans le développement du paiement en ligne, comme le souligne Marie Guillemot, responsable du secteur Technologie, Média et Télécommunications de KPMG France.

“La clé du développement du paiement mobile en France consiste à bien conjuguer les enjeux et objectifs des différentes parties prenantes. Ainsi, un partenariat commercial emblématique d’un opérateur télécom avec un réseau bancaire ou de distribution, adossée à une solution technique sécurisée, pourrait créer un avantage concurrentiel déterminant et provoquer une amorce significative sur le marché français. Les nouvelles alliances qui s’annoncent devraient ouvrir la voie et accélérer le développement de cette pratique dans des délais plus réduits qu’attendus” relève Marie Guillemot.

Les entreprises semblent avoir pris en compte cette nouvelle dynamique dans le déploiement de leur stratégie de paiement. En effet, 58 % des entreprises interrogées, et surtout les opérateurs de communications et les banques (38 %), ont déjà investi dans le développement du paiement mobile, contrairement aux acteurs de la distribution qui sont plus réticents.

De plus, les acteurs financiers tels que la Société générale, le Crédit mutuel ou encore BNP Paribas, ont adopté cette nouvelle stratégie et commencé à développer des offres bancaires mobiles. BNP Paribas, qui souhaite “proposer une offre de services bancaires associés à des services de téléphonie mobile”, a conclu un partenariat avec France Télécom-Orange. Tous deux ont d’ailleurs lancé leur offre de services bancaires mobiles, permettant aux clients du groupe bancaire de payer chez les commerçants grâce à leurs smartphones. Concrètement, les clients de BNP Paribas ont pu souscrire dès le 24 novembre 2011 à une offre de téléphone mobile sélectionnée par l’opérateur Orange, et opter pour le smartphone de leur choix parmi les huit proposés.

Un paiement par téléphone rapide et accessible

Les formules du paiement en ligne sont condamnées à marcher, mais à chaque moyen de paiement son acteur. Tandis que le “m-wallet”» (portefeuille mobile) est l’outil choisi par 23 % des opérateurs de communications, les banques penchent de leur côté pour le “m-banking”, un service complet et un avantage compétitif pour leur clientèle. L’avantage des deux offres consiste, pour 73 % des sondés, à offrir à leur utilisateur une facilité et un confort d’utilisation. Néanmoins, la question de la sécurité et de la fiabilité des paiements en ligne reste le défi numéro un, étant reléguée en troisième position des facteurs de réussite du concept.

— Ecrit par IDPI

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