Voiture électrique : une solution d’avenir?

La voiture électrique n’est pas une nouveauté : elle est autant, si ce n’est plus ancienne, que les voitures à moteur à combustion. Mais la raréfaction de énergies fossiles, et l’impératif écologique ramènent l’EV (pour Electric Vehicle) parmi les solutions très prometteuses à la survie de la sacro-sainte voiture et au remplacement fructueux de son carburant.

La voiture électrique redevient aujourd’hui un projet industriel majeur. Pourtant, sa création n’est pas contemporaine et remonte déjà à quelques décennies[1]. En 1850, l’homme d’affaire écossais Robert Andersson fabrique la première « carriole électrique » avec une batterie non rechargeable. En 1859, le français Gaston Planté invente la première batterie rechargeable au plomb électrique. En 1900, plus d’un tiers des autos sont électriques, alors que les autres voitures roulent à l’essence ou à vapeur. Dans les années 1920, le secteur électrique commence à dépérir, notamment à cause de graves défauts qui se font ressentir : faible autonomie pour les distances, vitesse réduite, peu de puissance, et surtout un prix deux fois plus élevés que les Ford T à essence. La voiture électrique finit par disparaître face à une ressource alors abondante et peu onéreuse : le pétrole. Rapidement, les défauts des voitures à essence apparaitront aux yeux du grand public. Les avantages sont nombreux, mais ne pèsent pas lourds face à l’attractivité du modèle des voitures thermiques. La ré-électrification massive des voitures a commencé avec le succès de la technologie hybride, particulièrement celui de la Toyota Prius dans les années 2000. Les prochains modèles hybrides combineront un double mode de recharge : un branchement pour prise électrique (« plug in ») et un rechargement autonome utilisant la force d’inertie lors du freinage. Les gros doutes pesant sur l’avenir des ressources pétrolières pourraient élever la voiture électrique au rang d’objet symbole d’une nouvelle époque, adaptée et durable face à la contrainte environnementale.

Etat actuel des recherches

Plusieurs types de voitures électriques sont ou seront prochainement mises sur le marché. La voiture peut être alimentée par une batterie d’accumulateur (générateur de courant continu de la capacité et de la tension désirée, ou encore par un moteur thermique générateur (technologie hybride). C’est le cas de la Chevrolet Volt, « hybride » quasi électrique, qui ne consomme que 3,8 litres pour 370 kilomètres et peut atteindre les 160 kilomètres/heures.

Les constructeurs se disputent déjà un marché qui n’existe pas encore. Renault[2] a fait de la voiture électrique sa priorité. Le véhicule électrique ne génère aucune émission de CO2, ce qui fait la grande force de ce procédé, et est en perpétuel mutation permettant ainsi la mise en route sur le marché de voiture Renault Nissan avec une puissance oscillant entre 20 et 140 chevaux. En se basant sur le fait qu’aujourd’hui 80% des européens font moins de 60 kilomètres par jour, Renault a pu fabriquer des véhicules appropriés aux besoins des consommateurs, propres et facilement rechargeable. Mais même si le marché de la voiture électrique semble en ébullition, de gros problème persistent.

Limite de la voiture électrique

Renault s’est projeté dans le futur depuis plusieurs années, en développant une stratégie industrielle de grande échelle pour la voiture électrique. Principal avantage : le constructeur français proposera un prix d’achat raisonnable pour ses modèles électriques. Sans la batterie qui est à louer, il sera encore plus élevé que celui d’une voiture diesel. Les coûts d’entretien et d’usage devraient cela dit permettre d’amortir la différence qui subsiste : la voiture électrique devrait consommer 1 euros pour 100 kilomètres.

Mais malgré ces avancées, des points sensibles n’ont pas encore été résolus, notamment l’approvisionnement en électricité. La recharge simultanée de plusieurs voitures électriques pose la question du volume d’électricité à produire aux heures de pointe, et de la capacité du réseau de distribution à le supporter. De plus, la recharge optimale d’une batterie est d’environ 8 heures, ce qui pose problème lors des longs voyages… Des solutions existent : bornes de recharges rapides, systèmes de « Quick Drops » (remplacement de batteries vides par des batteries pleines en quelques minutes). Mais ce sont alors d’autres problèmes qui sont soulevés : il faut procéder à une refonte de la structure des véhicules (ergonomie, sécurité), la mise en place massive d’une infrastructure de charge, une normalisation des batteries, un financement important à prévoir et finalement un doublement (au minimum) du nombre de batteries par rapport au nombre de véhicules (ce qui conduit à la consommation de métaux rares.

Quel accueil pour la voiture électrique ?

Finalement, au-delà de ces soucis techniques qui relativisent l’efficacité de la voiture électrique, c’est aussi la mentalité des utilisateurs qui est à changer. D’après un sondage CSA, à la question « Si demain vous deviez choisir une voiture, choisiriez-vous un véhicule fonctionnant… ? », seul 12% ont répondu « à l’électricité ».

Malgré ses défauts qui persistent, la voiture électrique constitue un enjeu majeur pour l’Etat et les constructeurs automobiles. Jean Louis Borloo, ex-ministre de l’environnement et du développement durable parlait de la voiture électrique comme étant le « bébé du Grenelle de l’Environnement »[3]. L’Etat va ainsi montrer l’exemple en recomposant son parc automobile. Prochainement, 50000 voitures du domaine vont passer à l’électrique et plusieurs leviers ont été mise en place pour accélérer et facilité l’entrée du tout électrique sur le marché français. Ainsi, l’Etat et les collectivités territoriales mettent en place des bornes électriques, modernisent le réseau ERDF. 70 millions d’euros seront distribués pour des appels d’offre par la Maison pour l’environnement et la Maitrise de l’énergie.

Le PDG de Renault, Carlos Ghosn, pense que les voitures électriques représenteront « entre 15 et 20% de nos ventes dans dix ans ». L’ouverture de ce marché a demandé beaucoup de travail aux constructeurs qui ont dû réduire le problème des coûts, de la rentabilité, mais qui pensent aujourd’hui la voiture électrique comme le véhicule de demain.

L’interrogation reste encore sur l’engouement éventuel des clients pour le véhicule électrique. Un accueil froid ou mitigé pourrait, une fois de plus, tuer dans l’œuf la renaissance attendue du marché des véhicules électriques. Le bonus écologique de 5000 pour l’achat d’un EV devrait permettre de faire décoller ce marché. Reste que le pari de Renault est aussi ambitieux que risqué : le constructeur français est à ce jour le seul à avoir misé autant sur le véhicule électrique.


[1] http://www.voitureelectrique.net/histoire-de-la-voiture-electrique

[2] http://www.renault.com/fr/capeco2/vehicule-electrique/pages/vehicule-electrique.aspx

[3] http://www.francesoir.fr/actualite/politique/jean-louis-borloo-%E2%80%9C-voiture-electrique-est-bebe-du-grenelle-l%E2%80%99environnement%E2%80%9D-57577.html

Sources :

– Blog www.voitureelectrique.net, article « Histoire de la voiture électrique ». http://www.voitureelectrique.net/histoire-de-la-voiture-electrique

– Site de Renault : « le véhicule électrique, une stratégie globale » http://www.renault.com/fr/capeco2/vehicule-electrique/pages/vehicule-electrique.aspx

– Enquête CSA réalisé auprès de 995 personnes de 18 ans et plus : « Les Français souhaitent-ils changer de type de voiture pour faire face à la hausse du prix du carburant ? » http://www.csa.eu/multimedia/data/sondages/data2005/opi20050907b.htm

– France-Soir, 1er Octobre 2010 : Jean-Louis Borloo : “La voiture électrique est le bébé du Grenelle de l’environnement”, de Dominique de Montvallon et Thomas Morel. http://www.francesoir.fr/actualite/politique/jean-louis-borloo-%E2%80%9C-voiture-electrique-est-bebe-du-grenelle-l%E2%80%99environnement%E2%80%9D-57577.html

– Interview du Médiascope de Corlos Ghosn : « PDG Renault : CG- Voitures électriques : « de 15 à 20% de nos ventes dans 10 ans ». http://lemediascope.fr/?p=34082

— Ecrit par IDPI

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