La ville en 2050

A ce jour nous sommes 6,8 milliards d’habitants sur la terre, d’ici 2050 nous serons 9 milliards et 8 personnes sur 10 vivront en ville. Les évolutions démographiques dans les années à venir nous obligeront à repenser la ville et l’habitat urbain.

 

Le modèle urbain d’aujourd’hui ne pourra plus exister en 2050

La fin du modèle centre-périphérie

gif_villeL’étalement urbain, qui n’a cessé de se développer depuis des décennies, est sans aucun doute une des données à prendre en compte pour imaginer au mieux la ville de demain. L’ancien schéma d’organisation des migrations pendulaires périphérie-centre est remis en question : de plus en plus d’emplois se développent en périphérie proche ou plus lointaine. Les actifs centraux dépendent de plus en plus de ces emplois périphériques, les trajets domicile-travail classiques du schéma mono centrique (périphérie vers le centre) diminuent peu à peu. Ce n’est pas pour autant que la localisation est optimale, et les schémas de mobilité quotidienne se complexifient plus qu’ils ne s’atténuent ou se simplifient[1]. Aux Etats-Unis, la ville prend la forme de mégalopoles polycentriques, d’ « edge-cities » ou les centralités périphériques sont reliées entre elles par des rocades. Ces évolutions de la mobilité urbaine et l’urbanisation croissante des populations posent de nouveaux enjeux sociétaux et économiques qu’il faut combiner aux exigences environnementales d’aujourd’hui : l’épuisement des énergies nous pousse à envisager un futur sans voitures, et un réseau de transport urbain à la fois propre, dense, et transversal permettant à la fois de s’y substituer, et d’éviter l’enclavement de zones urbaines.

Pour une ville durable

Le mode de vie urbain n’est pas compatible avec les objectifs du développement durable. Gouvernance et politiques urbaines doivent prendre en charge cet enjeu. Aujourd’hui chaque habitant de la Terre consomme en moyenne 1,7 tonne d’équivalent de pétrole/an. Sur ces 1,7 tonnes les hydrocarbures (gaz naturel et pétrole) et le charbon fournissent 86% de l’énergie utilisée et les énergies renouvelables près de 8%. Les objectifs du paquet énergie-climat proposés par la Commission européenne prévoient une diminution de 20% des émissions de gaz à effet de serre, et de 20% de la consommation énergétique pour 2020. Ces objectifs ne seront atteints qu’en repensant les modes de production et de consommation d’énergie, mais aussi les transports urbains.

La voiture électrique est une solution, mais qui nécessite de produire l’électricité consommée. Le recours aux énergies renouvelables mais aussi aux énergies nucléaires augmentera à mesure que les réserves de pétroles s’épuiseront. Nos habitats sont également trop gourmands : la ville durable devra consommer peu, voire produire autant d’énergie qu’elle en consomme. Il s’agit autant d’économiser drastiquement l’énergie, que de la produire et de la redistribuer intelligemment. A l’échelon politique, la gestion des aires urbaines devra être pensée non plus à travers les villes, mais les intercommunalités, voire les métropoles, qui apparaissent comme l’échelon le plus pertinent de gouvernance urbaine[2].

Imaginer 2050

La multi centralité

L’abandon du modèle centre-périphérie est universel. Aux Etats-Unis, les villes se sont réorganisées en « edge-cities » polycentriques, où les centres périphériques sont reliés entre eux par des rocades. L’enjeu pour 2050 sera d’intégrer ces migrations pendulaires complexes, et d’organiser ces déplacements par l’intensification des réseaux de transport en commun se substituant à la sacro-sainte automobile. L’habitat se regrouperait le long des axes de mobilité, indispensables pour se déplacer dans la ville. Emergerait le concept de « ville passante »[3], polycentrique mais dépassant les logiques d’enclavement, une ville intégrée.

Un modèle de ville idéale : Dontan

Penser 2050 nécessite aussi de penser l’approvisionnement énergétique des villes. La ville nouvelle de Dontan est un laboratoire d’urbanisme écologique. Une ville 100% propre où les immeubles ne dépasseront pas huit étages, et seront construits avec des matériaux locaux (bois, métal) selon des critères stricts de performance énergétique. L’espace réservé aux piétons sera 6 fois plus important qu’à Copenhague, ville la plus aérée d’Europe, et seul 40% de l’espace est occupé par des bâtiments.

Quels sont les efforts et initiatives entrepris dans ce sens ?

La notion d’éco quartier est pertinente pour orienter la concertation entre techniques, administration, associations locales. Par exemple on pense à construire des quartiers autour d’usine solaires qui deviendrait des éléments de structuration de la ville. C’est également le temps de la valorisation de la recherche. GDF Suez tient à contribuer aux transformations pour demain. GDF est fournisseurs de systèmes de transports complets qui intègrent une politique de réduction de consommation des énergies. Le groupe se tient pour objectif de consacrer 19% de ses investissements de recherche aux énergies renouvelables d’ici à 2015.

A l’échelle européenne a été créée une feuille de route « Transports 2050 »qui incite à la compétitivité des transports pour une plus grande mobilité tout en produisant moins d’émissions de gaz carbonique. L’idée n’est donc pas de réduire les déplacements mais de les mutualiser pour créer de l’emploi et assurer la qualité de vie au quotidien. En Suède le programme « Göteborg 2050 » tente de se projeter dans une ville où les ressources fossiles ne contribueraient pas à fournir de l’énergie pour la ville. Les premiers changements sont remarquables avec un recyclage encore plus importants et des opérateurs d’énergie qui exercent une traçabilité de la consommation.


[1] Etalement urbain et mobilité, A. Aguiléra et D. Mignot http://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00068556/

 

[2] Pour un nouvel urbanisme :la ville au cœur du développement durable, D. Clerc, C. Chalon, G. Magnin, H. Vouillot

[3] La ville passante, David Mangin, http://www.accomplir.asso.fr/dossiers/renovation/Mangin%20EDP.pdf

SOURCES

http://www.vertdurable.com/urbanisme/vivre-en-ville-en-2050

http://www.fondation-tuck.fr/Reunions/IDees-06-12-2010/Etude-prospective-ville-durable.pdf(schéma GDF Suez)

http://www.ecolodujour.com/article-19925167.html

http://www.place-publique.fr/spip.php?article6184

http://www.lepoint.fr/science/et-si-nous-manquions-d-eau-en-2050-31-03-2011-1313768_25.php

http://www.developpementdurable.com/conso/2009/02/A1005/eco-geste-du-jour-maitriser-sa-consommation-deau.html

— Ecrit par IDPI

Réagissez